25 juillet 2008

À l'anglaise...

Qui, que, quoi, dont, où?
Kitty (toujours le même Britanique aux quinze/vingt mots de français), assis sur un mur au bord du trottoir, attendant mon appel pour lui dire quel bus prendre pour revenir à la maison, Vieux Montréal.

Deux touristes Américaines* aux multiples valises qui attendent leur taxi près de lui s'approchent:

- Excuse-me, do you know if hotel Brainiac is up or down from here?
- I'm sorry, no, I don't know where hotel Brainiac is.
- Oh! You don't speak English! Sorry! **

Les paris sont ouvert. Pendant ma conversatio téléphoniques avec Kitty trente secondes plus tard, ce sont-elles rendues compte ou pas que l'anglais, c'est de l'anglais?

*À l'accent, pas au look (quoique).
**- Excusez-moi, savez-vous si l'hôtel Groscerveau est à l'est ou à l'ouest d'ici?
- Non, désolé, je ne sais pas où est l'hôtel Groscerveau.
- Oh! Vous ne parlez pas anglais! Je m'excuse!

14 juillet 2008

Prenez un numéro

Qu'est-ce qui est pire?

Passer deux heures à la caisse sur l'heure du lunch?

-Oui bonjour, j'aimerais déposer un chèque considérable (voilà, c'est fait, merci, quand il s'aggit de prendre l'argent ce qu'il sont rapides quand même!). J'aimerais ensuite transférer une partie considérable de ce chèque considérable à un compte Anglais, s'il-vous-plaît.
- Un instant je vérifie. (...) Ab beh oui, on ne fais pas ça au comptoir, allez-vous asseoir dans la salle d'attente s'il-vous-plaît.
(...)
(...)
(...)
(N'ayez jamais l'air intéressé à lire les petites revues des salles d'attentes à la caisse. C'est un accord tacite pour qu'il vous fassent patienter plus longtemps.)
(...)
(...)
(Le regard torve au dessus de la petite revue fonctionne assez bien par contre)
- Oui, bonjour, pour un transfer international il nous faut l'adresse complète maintenant. C'est nouveau de ce matin.
- L'adresse de la banque ou l'adresse de la personne à qui l'on envoie l'argent?
- Euh... les deux.
- !?!
(Téléphone: Kitty, c'est quoi l'adresse? Huhuh, et celle de la banque? Sais pas? Ben va falloir appeler quand même.)
- Valà, Swift, IBAN, adresse, nom du coiffeur...
- Quel montant?
- Trois zéros..
- Oulà va falloir appeler le coiffeur hein. Il faut une autorisation du coiffeur si on dépasse deux zéros, il va y avoir des frais d'interrurbain de deux dollards (en plus des trente juste pour mes beaux yeux).
- Mais par internet je peux autoriser...
- Oui mais juste de Qc à Qc hein. Aucun transfert international ne peut se faire par internet (i.e. il faut vous avoir devant nous à perdre votre salaire pour justifier de vous charger nos frais d'administration).
- (... (La voyez-vous, la boucane qui me sort par les oreilles?))
- Le IBAN ne fonctionne pas.
- Ah? Pourtant je l'ai vérifié trois fois en l'inscrivant.
- Bah non. L'adresse de la banque?
(Téléphone: Kitty, l'adresse de la banque maintenant que t'as chargé un appel international sur mon cellulaire pour le trouver? Huhuh, merci.)
- L'IBAN n'est pas bon, on va appeler les autres à l'international pour savoir si on a peut-être trop de chiffres...
(Téléphone. Répondeur automatique. Mise en attente. en attente. en attente.)
- Oui, huhuh, oui, oui, non, ah oui? Non, non. Merci.
(...)
- Bon, on a le bon nombre de caractères (!) mais ce ne sont pas les bons chiffres... (!!)
- C'est parce que c'est le numéro que j'utilisais en Hongrie pour transférer l'argent sur ce compte là...

Que le deux heures passé à la caisse ne donne aucun résultats?

-Faudra revenir, hein, avec le bon IBAN (que j't'emm...). Et puis appelez avant surtout, nous ne sommes que trois qui font ces tranferts là, il faudrait vous assurer qu'une de nous trois est là!
- (...)

Que Kitty ose appeler au bureau deux heures plus tard juste pour dire:

- Chérie, je viens de trouver le post-it sur lequel t'avais écrit le IBAN.
- Huhuh.
- T'as écrit "là là là 20 caractères de long blabla 63", et le numéro de compte je suis certain que c'est le "blabla 68".
- C'est un 8 aussi (si tu tiens à ta vie, c'est écrit 8).
- Nah, c'est vraiment écrit 3 . Super bien caligraphié en plus...

04 avril 2008

Reconnaissance

Conversation avec Mme Dr. hier:

Mme Dr. - Merci! J'ai reçu tes fleurs hier matin juste avant de partir.
Mon moi - Ça m'a fait plaisir, j'espère qu'elles sont belles!
(...)
Mme Dr. - Comment t'as fait pour trouver un fleuriste? Canada 411?
Mon moi - Non, gougel maps.
Mme Dr. - Avant de voir la carte, je ne pensais pas qu'elles pouvaient être de toi!
Mon moi - Elles étaient de qui si elles n'étaient pas de moi?
Mme Dr. - *D'autres monde qui sont presque aussi loin du fleuriste.*
Mon moi - Sont pas proche eux non plus.
Mon moi - Comment ils auraient trouvé le fleuriste plus facilement?
(...)
Mon moi - En fait, j'avais pensé appeler ta mère pour avoir des coordonnées de fleuriste dans ton coin mais...
Mon moi - (dis-y pas!)
Mon moi - ... j'ai réalisé que je n'ai aucune idée de comment elle s'appelle, ta mère...
Mon moi - ... donc je ne pouvais pas l'appeler!
Mme Dr. - Ah! Là je te reconnais!!



C'est fin, non? J'imagine qu'au moins, je peux me dire que mes copines ne m'aiment pas juste parce que je les achète avec des fleurs!

*Quand même, je suis très certaine que ce n'est pas de ma faute si je ne connais pas le nom de sa mère - c'est parce qu'elle ne me l'a jamais dit!!
J'ai même demandé à ma maman à moi, qui a une mémoire à toute épreuve, et elle ne le sait pas non plus!
*

03 avril 2008

Docteure Nannie

Il faut avoir une volonté à toute épreuve je crois.

Quand nous avons terminé notre Bacc. (comme dans B.Sc.) ensemble, j'ai contemplé l'option maîtrise pendant un gros trois secondes et quart, le temps de lire jusqu'à "présentation d'un mémoire". Puis je me suis plutôt lancée à la recherche d'un emploi.

De mes "copines d'U", comme je les appelle, d'autres ont décidé des rester à l'école encore un peu, mais il n'y aura eu qu'elle pour se lancer dans les études "supérieures". Comme ça, parce que. Parce que son stage était intéressant j'imagine, et qu'elle a eu envie de continuer. Au moment d'écrire ce fameux mémoire, elle a même décidé que "thèse" ça sonnerait tellement mieux et elle y est retournée pour un tour, sans passer go, sans réclamer une job à revenu décent.

Cinq ans que ça dure, à mi-chemin entre la vie d'étudiante et celle de travailleur. À regarder ses copines faire des plans de carrières, changer d'idée, s'installer, déménager, faire des bébés. Cinq ans à malgré tout garder le même objectif.

Combien d'articles lus trente fois avant de réussir à en retenir quoi que ce soit? Combien de semaines passées sur des expériences au final ratées? (J'extrapole à partir de mon propre stage là, évidement qu'elle est bien meilleure que moi et qu'elle ne foire jamais rien.) Combien de mois devant la page blanche de la thèse, à essayer de trouver des mots pour ce qui est devenu tellement intrinsèque que ça en revient à essayer d'expliquer la couleur bleue à un aveugle? Combien de jours à stresser pour préparer sa soutenance, jusqu'à n'en plus savoir ce que l'on sait?

Cinq ans. Résumés à trois ou quatres articles publiés et une grosse thèse avec son nom d'écrit dessus. Résumés au prestige des trois lettres au bout de son nom, "Ph.D.". Résumés au C.V. qui épate, listant publications sur publications.
Résumés à l'accomplissement d'avoir terminé ce que nous étions toutes beaucoup trop peureuses pour entreprendre.

Tu n'as aucune idée à quel point je suis fière de toi. Tu devrais.

(PS: on est sur mon blog, il faut bien que je ramène tout à moi. Absolument que je prends mon prestige par association. "Rien ne sert de vous obstiner avec moi, j'ai raison, j'en ai discuté avec mon amie Docteure!")

01 avril 2008

C'est demain...

... qu'elle devient officiellement une source inépuisable de savoir (à défaut de sagesse).

Titre du programme : Doctorat en microbiologie-immunologie
Faculté : Faculté de médecine
Titre de la thèse : Étude globale des gènes différemment exprimés entre les différents stades de vie et espèces du parasite Leishmania à l'aide d'approches génomiques
Date de la soutenance : 2 avril 2008 à 13 h
Direction de la thèse : La Madame là-là, Département de biologie médicale, Laboratoire d'infectiologie.

T'attends-tu toi aussi?

Oui, je sais, je perds mes bonnes habitudes.

Kitty et moi en sommes à nous arracher les cheveux (et les yeux) sur des problèmes de logistique pas logique du tout et dont peut-être j'aurai le droit de vous parler dans un avenir pas trop lointain (illogiquement, uniquement lorsqu'il sera confirmé que les problèmes de logistique ne font que commencer.)

Si l'illogique se produit, j'aurai aussi tout le loisir d'expliquer la note qui échappe à la logique de CarJa. (voilà quand même un indice: ce n'est pas moi qui ait des chaussettes jaunes et avant que j'admette être un peu grassouillette, il va faire beau!!)

En attendant, et en essayant d'éviter que l'attente ne rende fou, nous promenons le chien dans nos contrées sans neige (j'ai des photos, mais je ne suis pas certaine que je peux les montrer sans me faire renier par ceux qui habiteront le désert blanc pour un autre six mois). Quoi que ça ne change pas grand chose, nous finissons quand même par ... attendre.

Dans nos contrées sans neige depuis trois bons mois, où les perces-neiges se pointent sans avoir rien à percer, où les chevreuils envahissent les champs et les prés et les chemins de traverse (...)
les chevreuils envahissent les champs et les prés et les chemins de traverse.

Les mauvais jours, nous marchons deux, trois heures sans problème et juste comme nous nous préparons à rentrer, Max trouve son chevreuil, jappe comme une fille (traduction vu la sonorité : "Oh non! Je ne devrais pas courir, je vais me casser une griffe avec toutes ces ornières! Attrape-le, toi! Attrape-le! Vite! Le vent va défaire mon brushing!") et disparaît pour un trois-quart d'heure.

Les très mauvais jours, Kitty est à vélo lorsqu'ils découvrent trois chevreuils - qui décampent aussitôt dans trois direction différentes. Vous pouvez compter une bonne heure à tourner en rond à écouter les jappements de filles venant tantôt de la droite, tantôt de la gauche, tantôt de quelque part qui sonne très loin, avant que Kitty et Max ne rentrent à la maison à la noirceur et sans lumière.

Les bons jours, Max trouve son chevreuil presque sitôt parti de la maison et nous pouvons nous asseoir dans le jardin, à siffler sur la colline jusqu'à ce qu'il revienne (il va sans dire que le jour prend une tournure nettement moins agréable si le chien se laisse distraire par les poubelles des voisins juste avant de rentrer è la maison...)
Les très bons jours, le chevreuil lui passe sous le nez alors qu'il est trop occupé à sentir autre chose et il ne se rend compte de rien.)

Et quand il ne trouve pas le chevreuil comme tel, il trouvera sans aucun doute un vieux crâne blanchi, ou une jambe de biche avariée laissé là par les chasseurs de l'an dernier. Je vous offre la soupe?

12 mars 2008

Mi-figue, mi-raisin

Ce qui est pire que de rater son souper du samedi soir, c'est de concerver le rôti intranchable avec l'idée le passer en ragoût un autre soir.

Parce qu'immanquablement, quand vous allez couper la viande pour faire vos cubes à ragoût, vous allez réaliser que c'est le plus beau morceau de rôti à la cuisson bien rose saignante comme vous l'aimez que vous n'ayez jamais vu de votre vie. Et ce sera trop tard pour le manger!

11 mars 2008