Des histoires de prénoms chez nous, il y en a plein. Plutôt que de nous raconter comment ils s'étaient rencontrés ou comment ils avaient vécu leur enfance, mes parents racontaient des histoires de prénoms.
Mon oncle au prénom on ne peut plus original (!) porte ce nom au lieu de son nom de baptême parce que c'est sa marraine qui l'a fait baptisé (maman malade et papa retenu aux foins) et d'un prénom que mon grand-père n'aimait pas. Ce prénom mal-aimé est aujourd'hui celui de son arrière-petit-fils, qui a acheté la paix en donnant enfin à mon grand-papa le nom adoré de "pépère" dont il rêvait depuis toute une génération.
Ma mère, elle, avait toujours détesté son prénom avant d'apprendre que c'était aussi le deuxième prénom de sa maman. Réconciliation instantanée!
Au baptême de l'ainé, mes parents ont été pris de court puisqu'aucun deuxième prénom n'avait été planifié, mais le prêtre insistait. Ils ont dû trouver rapidement et ont fini par lui donner tout les prénoms de mon père, qui en avait déjà trois.
Mes parents ayant cru qu'il serait de bon ton de demander à des enfants de 9 et 7 ans leur opinion sur le prénom de leur futur frère, ma soeur insista longtemps pour le nommer "Micha la Boule", du nom de l'ours des dessins animés. Ma mère opta pour Jean-Pierre, gagna de peine et de misère l'aprobation des autres, pour décider après la naissance qu'il n'avait pas la face d'un Jean-Pierre après tout!
Quant-à-moi, mon prénom est une toune populaire de 1979, une princesse perse épouse d'un grand conquérant mais surtout, la précieuse de la plus belle histoire d'amour - et c'est de là qu'il a été choisi. Il signifie supposément "rocher du soleil levant" (j'ai un doute) ou "petite étoile".
Pour cette cinquième grossesse, il n'y avait que deux options de prénom selon si l'on demandait à ma mère ou mon père. Mon père a fini par avoir gain de cause auprès de ma mère en apprenant à mon frère - 2 ans à l'époque de la grossesse - à appeler la bedaine de maman du prénom qu'il avait choisi. Les voisines étaient scandalisées - qu'est-ce que mes parents feraient si jamais j'étais un garçon?? (pas d'échographie qui dévoile le sexe à l'époque) - mais le prénom était choisi, et l'épellation aussi! La fille-à-papa que j'étais a appris très jeune, à réclamer l'épellation particulière, avec-un-seul-"n"-merci, conformément aux désirs paternels.
Avec tant d'histoire derrière, impossible donc de détester mon prénom. Je le défendais quand on l'écrivait mal (i.e. tout le temps!), je refusais qu'on le diminue de quelques syllabe (ça en fait un nom de chien!) mais je rêvais quand même de m'appeler autrement. Katleen avait ma préférence - je m'en sert aujourd'hui sur certains forums du Web.
Au final, dans ma vie courante, mon prénom n'est que très rarement prononcé mais j'y tiens et je ne le changerais pas, à cause de l'histoire qui vient avec. S'il m'a défini, c'est par son épellation unique qui m'a appris le plaisir de se démarquer des autres - de là je garde l'envie de donner à mes futurs enfants des prénoms uniques, au grand dam de Kit qui au contraire déteste devoir toujours expliquer et épeller le sien (pourtant, Kit, c'est si complexe à comprendre?) et rêve de prénoms les plus simples possibles. Quand même, je ne dirais probablement pas non à satisfaire mon égo en prénommant ma première fille Madeleine - question de prolonger l'histoire de mon propre prénom.
Avez-vous deviné? Chut, c'est secret!
Et vous? Quelle relation entretenez-vous avec votre prénom ?
*côté prononciation impossible, Kitty est servi dans ma famille. Trois "R" en début de prénom, 2 "r" en milieu de prénom, et une "Guy" impossible à prononcer.



